Par Philippe Cahen, Prospectiviste

Vivre aussi bien avec moins

 

La consommation des ménages baisse, dit-on. Dans l'immédiat avec un pétrole cher, d'août 2010 à août 2011 la consommation française de carburant a grimpé de 2% en volume (alors que dire du montant du plein !!!) avec des voitures qui consomment de moins en moins. Et que, soit dit en passant, la chute des ventes attendue de voitures neuves de 8% en 2011, n'a pas encore eu lieu (+0.4% à octobre). Ce n'est pas comparable, mais au Japon la vente de voitures est au niveau d'il y a 40 ans. Donc le carburant cher est passé dans les moeurs.

 

Pour le reste, les postes de dépense de loyer, services, santé, communication augmentent par nature. Maison, textile, alimentation deviennent des variables d'ajustement et sont moins des dépenses de passion. D'ailleurs, le commerce spécialisé est en baisse sur un an (Procos, septembre, -4.6%).

 

Attention cependant à une contradiction apparente entre le déclaratif et le réel. Selon une étude du Credoc d'octobre 2011 qui compare 2011 à 2009, les MDD (Marques de Distributeurs) ont une image en perte de vitesse de « qualité égale » (65%, moins 8% sur 2009) ou « moins bonne » (30.6%, plus10% sur 2009) que les marques équivalentes connues. Force est de constater que dans la réalité des ventes leurs ventes progressent depuis début 2011 du fait de la progression de l'inflation, et, à venir, du fait de la baisse attendue ou réelle du pouvoir d'achat. Et les MDD se multiplient non seulement en alimentaire mais aussi en non alimentaire (voir dernier en date Mr Bricolage).

 

Dans les faits, le consommateur français contrôle ses dépenses tout en sauvegardant ses vacances et week-end. D'ailleurs ses placards sont pleins de vêtements et sa seule passion va vers le smartphone dont le prix de l'appareil et de l'abonnement baisse. Reste la tablette à se faire offrir pour Noël.

 

Pour demain, y-a-t-il un niveau maximum de consommation des ménages ?

 

Il faut imaginer le pouvoir d'achat en baisse, des ménages plus nombreux composés de moins de personnes, un âge moyen en hausse, un nombre de fonctionnaires en baisse et pour les mois à venir une angoisse du futur ... Comment vivre aussi bien avec moins ?

 

Depuis 1995, Philippe Cahen intervient en prospective auprès d'entreprises et entités pour imaginer leurs futurs. Il développe une méthode de prospective originale, souple et économique, fondée sur les signaux faibles et les scénarios dynamiques. Depuis 2003, il envoie tous les mois La Lettre des Signaux Faibles à 8000 abonnés.

Conférencier, enseignant, il est régulièrement sollicité par les médias.

Pour en savoir plus : www.signaux-faibles.fr