Par Philippe Cahen, Prospectiviste

 

Les migrants du monde sont en tous sens.

 

S'il est un signal faible qui dessine le monde de demain, peut-être le monde de 2025, voire 2020 car tout va très vite, c'est bien celui-ci.

 

Le migrant va vers l'espoir ... Un rapport de la Banque Mondiale de juillet démontre que « l'espoir » est aujourd'hui réparti dans le monde. (Et le téléphone mobile fait que l'on est « moins éloigné » qu'il y a dix ans.). Et les pays d'émigration ont bénéficié en 2011 de 351 milliards de dollars de transferts de fonds, ils n'y sont pas opposés !

 

Le Sud va toujours vers le Nord, vers l'Amérique du Nord, l'Europe ... et même l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Et le quart des prix Nobel américains depuis 20 ans sont des immigrants...

 

Mais le Nord va vers le Sud. Les retraités américains (et français d'ailleurs !) profitent de leur pouvoir d'achat dans des pays du Sud. Et de jeunes américains vont étudier moins cher et « aussi bien » dans ces mêmes pays. Quant aux Espagnols, ils trouvent du travail en Amérique du Sud et les Portugais au Brésil.

 

Le Sud va vers le Sud : le continent indien va vers la péninsule arabique, l'Afrique Noire vers l'Afrique du Sud. Et les latinos vont vers le Brésil et l'Argentine. Les Brésiliens cherchent des ingénieurs et les chinois des professeurs d'anglais !

 

Les flux de migrants sont donc aujourd'hui en tous sens. 3% de la population mondiale migrent, comme d'ailleurs au début du XIXème siècle.

 

Or cet « espoir » qui se répartit dans le monde est la démonstration que chaque grande région du monde tend à se partager la part du gâteau. Donc à construire ses usines, à produire moins loin, des produits plus adaptés avec des usines plus réactives. En 2000, on parlait de « la Chine, usine du monde ». On convient que la Chine délocalise, soustraite. En 2000, il y avait dans le monde 1 milliard de classes moyennes, en 2010 2 milliards. En 2020, ce sera sans doute un terrien sur deux.

 

Les migrants sont un thermomètre de l'espoir, cet espoir c'est la localisation de l'industrie et de la consommation.

 

 

Depuis 1995, Philippe Cahen intervient en prospective auprès d'entreprises et entités pour imaginer leurs futurs. Il développe une méthode de prospective originale, souple et économique, fondée sur les signaux faibles et les scénarios dynamiques. Depuis 2003, il envoie tous les mois La Lettre des Signaux Faibles à 8000 abonnés.

Conférencier, enseignant, il est régulièrement sollicité par les médias.

Pour en savoir plus : www.signaux-faibles.fr